Vincent Cardin
Doctorat en sciences de l’énergie et des matériaux (2020)
Directeur technique, Indie – Photonics BU
« Ce qui m’a marqué, c’est la qualité de l’équipe, du leadership et des infrastructures. On travaillait sur des projets ambitieux, mais on avait réellement les moyens d’y arriver. »
Après une maîtrise consacrée à l’étude des matériaux à l’aide de lasers ultrarapides, Vincent Cardin souhaitait poursuivre ses travaux dans un environnement où l’excellence scientifique, l’ambition des projets et la qualité des infrastructures allaient de pair. Son choix s’est naturellement porté vers l’INRS, un milieu reconnu pour son expertise en interaction lumière-matière et en photonique avancée, et situé dans la grande région de Montréal, où il souhaitait s’établir pour la suite de son parcours.
Lorsqu’il commence à explorer les possibilités de doctorat, ses recherches l’amènent vers le Centre Énergie Matériaux Télécommunications à Varennes. « J’ai commencé à regarder la liste des professeurs, on m’avait parlé en bien de François Légaré. Quand je l’ai contacté, il a été extrêmement proactif. On a discuté des projets, de ce qui pouvait m’intéresser, et très vite, ça a été un très bon match. » Sous sa direction, Vincent entreprend un doctorat axé sur la caractérisation de dynamiques ultrarapides à l’aide de sources de génération d’harmoniques d’ordre élevé.
Il intègre alors un groupe reconnu pour l’envergure et la complexité de ses projets, mais aussi pour sa capacité à se donner les moyens de ses ambitions. « Ce qui m’a marqué, c’est la qualité de l’équipe, du leadership et des infrastructures. On travaillait sur des projets ambitieux, mais on avait réellement les moyens d’y arriver. » Cette approche, à la fois exigeante et structurée, marquera profondément sa façon d’aborder la recherche.
Son souvenir le plus marquant de l’INRS est intimement lié à cette manière de travailler. Pendant son doctorat, Vincent participe à un projet de longue haleine nécessitant des mois de préparation pour quelques semaines seulement d’accès à une infrastructure laser extrêmement convoitée. « On pouvait travailler vingt semaines pour préparer deux semaines d’expérimentation. Pendant ces deux semaines-là, on était au laboratoire presque 24 heures sur 24. C’était exigeant, mais exceptionnel. » Après près de trois ans d’efforts soutenus, le moment tant attendu survient : l’observation du phénomène recherché depuis le début. « C’était un moment eurêka. Un moment vraiment exceptionnel. Je pense que je vais m’en souvenir toute ma vie. »
Au-delà de la recherche elle-même, Vincent retient surtout une leçon fondamentale de son passage à l’INRS : la force du collectif. « Personne seul ne peut faire ce qu’une bonne équipe, avec un bon leadership, est capable de réaliser. » Il souligne l’influence marquante de son directeur, dont l’approche de gestion, à la fois rigoureuse et humaine, l’a profondément inspiré. « Encore aujourd’hui, dans mon rôle de gestionnaire, il m’arrive de me demander comment François aurait géré telle ou telle situation. »
Avant même la fin de son doctorat, Vincent amorce une transition vers le milieu industriel. Il effectue un stage en transfert technologique au sein d’une jeune entreprise issue de son environnement de recherche, puis occupe un poste de scientifique d’application dans une entreprise montréalaise, un rôle à la croisée de la science, de la technique et de la communication. Il poursuit ensuite sa carrière à Québec, où il évolue rapidement au sein d’une entreprise spécialisée en photonique, passant de spécialiste optique à chercheur, puis à gestionnaire d’ingénierie. Depuis maintenant deux ans, il dirige une équipe dédiée au développement de nouvelles sources laser à semi-conducteurs.
Selon lui, l’INRS a constitué un tremplin exceptionnel vers la recherche industrielle. « C’est encore très académique, mais avec une approche très pratique de la recherche. Pour quelqu’un qui sait qu’il veut aller vers l’industrie, c’est extrêmement formateur. » Il souligne notamment l’importance de la gestion de projets complexes, de la rigueur scientifique et de la capacité à avancer dans l’incertitude. « Apprendre à gérer des projets dont on ne connaît pas d’avance l’issue, à évaluer les risques et à structurer une démarche quand il n’y a pas de recette, c’est devenu une seconde nature. »
Vincent insiste également sur l’importance de la communication scientifique dans sa formation. Les nombreuses occasions de présenter ses travaux à l’international lui ont permis de développer une aisance qui lui sert encore aujourd’hui.
Aux étudiantes et étudiants de l’INRS, il offre un conseil empreint de lucidité et d’expérience : choisir des projets qui les passionnent réellement. « Quand les choses deviennent difficiles, et elles le deviennent toujours, ce qui permet de continuer, c’est d’être convaincu que le problème mérite d’être résolu. »
Pour l’avenir, Vincent nourrit un souhait qui dépasse sa trajectoire personnelle. Il espère voir l’écosystème d’innovation québécois continuer à croître et à valoriser la recherche universitaire. « Chaque fois que je vois une technologie issue d’une université atteindre le marché, ça me rend vraiment heureux. Il se passe de très belles choses dans nos universités. »
[Propos recueillis en janvier 2026.]

