À l’occasion de la collation des grades du 23 mai 2026, la Fondation de l’INRS a souligné l’excellence de sept membres finissants de la communauté étudiante de l’INRS, qui se sont distingués par la qualité exceptionnelle de leur mémoire, essai de maîtrise ou thèse de doctorat dans chacun des quatre centres de recherche.

Rendus possibles grâce au généreux soutien de donateurs et donatrices, les Prix pour les meilleurs mémoires et thèses visent à valoriser la rigueur, l’originalité et la portée des travaux réalisés par les finissant·e·s de l’INRS. La Fondation offre aux lauréat·e·s un appui financier de 1 000 $ au niveau maîtrise et de 2 000 $ au niveau doctoral.


Les candidatures ont été évaluées par un comité interdisciplinaire composé de membres du corps professoral. Les récipiendaires ont été sélectionnés en fonction de la qualité scientifique, de l’impact des travaux et du rayonnement des résultats. Cette reconnaissance témoigne non seulement de l’excellence du parcours universitaire des lauréat·e·s, mais aussi de leur contribution à l’avancement de solutions concrètes sur les enjeux actuels de notre société.

Nos lauréat·e·s 2026 sont :

Prix pour le meilleur mémoire ou essai de maîtrise

 
Amira Beicheikh, Maîtrise en sciences de l’énergie et des matériaux, sous la direction du professeur Andrea Peter Ruediger 

 

« Ce prix est dédié à ma famille, qui m’a soutenue dans toutes mes décisions malgré la distance et les milliers de kilomètres qui nous séparent. »

Qu’est-ce qui vous a amené à l’INRS? Que retenez-vous de votre expérience?

Mon parcours à l’INRS a commencé grâce à une bourse Mitacs Globalink, qui m’a permis d’effectuer un stage de recherche de fin d’études dans le cadre de mon diplôme d’ingénieure en chimie industrielle à l’INSAT, en Tunisie. Cette première expérience a été déterminante : elle m’a fait découvrir le monde de la recherche et m’a donné envie de poursuivre mes études à la maîtrise.

Ces deux années ont été extrêmement enrichissantes, autant sur le plan scientifique que personnel. Elles m’ont permis de développer ma pensée scientifique et de proposer mes propres idées. Au-delà de la recherche, cette expérience m’a aussi permis de développer mes compétences en vulgarisation scientifique. Grâce à mon rôle d’ambassadrice de l’INRS et a participation à de multiples événements, j’ai eu l’occasion de partager la science avec des publics très variés à Montréal et ailleurs, ce qui a été l’un des aspects les plus marquants de mon parcours.

Pouvez-vous nous décrire l’enjeu et l’impact de votre projet de recherche?

Mon projet de recherche porte sur l’utilisation de nanoparticules ferroélectriques pour convertir l’énergie lumineuse en réactions chimiques capables de dégrader des polluants particulièrement stables. L’objectif est de développer des solutions plus efficaces et plus durables pour le traitement de contaminants présents dans l’eau, mais aussi de comprendre ce qui se passe réellement au cœur de ces matériaux.

Nos travaux explorent comment certaines propriétés uniques des matériaux ferroélectriques peuvent être mises à profit pour améliorer les procédés de décontamination. À long terme, cette recherche pourrait contribuer au développement de technologies plus performantes et moins énergivores.

Que signifie pour vous le fait de remporter ce prix?

Recevoir ce prix représente avant tout une immense reconnaissance du travail accompli au cours des deux dernières années. Ce prix est également dédié à ma famille, qui m’a soutenue dans toutes mes décisions malgré la distance et les milliers de kilomètres qui nous séparent. Je le vois aussi comme une reconnaissance du soutien exceptionnel de mon directeur de recherche, le professeur Andreas Peter Ruediger, dont l’accompagnement, la confiance et les conseils ont joué un rôle essentiel tout au long de ma maîtrise, le professeur Alexandre Merlen, pour son soutien et sans oublier mes collègues. Enfin, ce prix constitue pour moi une source de motivation supplémentaire pour poursuivre mes ambitions scientifiques.

Quel est le prochain chapitre pour vous, maintenant que vous êtes diplômé?
Le prochain chapitre est déjà commencé alors que j’ai entrepris un doctorat à l’INRS en janvier dernier. Je poursuis mes recherches sur la conversion de l’énergie et les matériaux ferroélectriques, avec l’objectif d’approfondir notre compréhension de ces systèmes et d’explorer davantage leur potentiel pour des applications concrètes. J’aimerais également continuer à m’impliquer en vulgarisation scientifique pour rendre la science plus accessible et susciter la curiosité du public.

 
Hatim Ben Said, Maîtrise en sciences de l'eau, sous la direction du professeur Jacob Stolle

 

« Je suis très fier de ce prix. Il couronne des années de travail acharné au Maroc et au Canada. »

Qu’est-ce qui vous a amené à l’INRS? Que retenez-vous de votre expérience?

Je suis ingénieur civil de formation, spécialisé en hydraulique, avec une passion particulière pour le génie côtier et son impact sur les communautés. J’avais déjà commencé ma carrière professionnelle au Maroc lorsque je suis tombé sur un article décrivant le plus grand canal à vagues en Amérique du Nord situé à l’INRS. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à faire mes recherches sur l’institution. J’ai été impressionné par la quantité et la qualité des travaux de recherche réalisés chaque année dans l’ensemble des centres de l’INRS. J’ai ensuite contacté mon directeur de recherche, monsieur Jacob Stolle, pour lui transmettre mon intérêt pour les thématiques sur lesquelles il travaillait, notamment l’érosion côtière et les changements climatiques. C’est ainsi que ma relation avec l’INRS a commencé. Beaucoup de choses sont à retenir de mon expérience à l’INRS : l’apprentissage constant, l’importance du travail autonome et de l’innovation, ainsi que l’importance du travail de terrain. Ce qui m’a le plus marqué, c’est l’importance de la vulgarisation scientifique dans le transfert des connaissances aux communautés, aux jeunes et aux moins jeunes. Sincèrement, l’expérience à l’INRS est humaine avant d’être scientifique.

Pouvez-vous nous décrire l’enjeu et l’impact de votre projet de recherche?

Prenons l’exemple d’un village inuit installé depuis des générations au bord de la mer. Sous ses falaises, le sol n’est pas un sol ordinaire : c’est du pergélisol, un sol gelé en permanence dont la glace agit comme un ciment naturel qui tient les berges en place. Avec le réchauffement climatique, l’océan Arctique reste libre de glace plus longtemps chaque année, les tempêtes frappent plus fort, et les vagues viennent maintenant attaquer directement la base de ces falaises gelées. Résultat : la côte recule, parfois de plusieurs mètres par an. Des maisons, des cabines, des cimetières, des sites de chasse et de pêche disparaissent littéralement dans la mer.

Le problème, c’est qu’on ne sait pas encore prédire avec précision à quelle vitesse une côte arctique donnée va reculer, parce que l’on comprend encore mal ce qui se passe exactement lorsqu’une vague relativement chaude rencontre un sol gelé, contrairement aux côtes tempérées. Mon projet de recherche vise précisément à combler ce manque dans la littérature scientifique.

Pour mieux comprendre ce phénomène difficile à observer directement sur le terrain, une portion simplifiée de l’Arctique a été reproduite en laboratoire à l’aide d’un bloc de sol gelé artificiellement, d’un canal à vagues, d’un système de refroidissement, de capteurs et d’essais contrôlés.
La contribution principale de ce travail est de proposer une méthode expérimentale reproductible pour isoler le rôle des vagues, de la teneur en glace et du transfert de chaleur dans le recul des côtes gelées. Elle a aussi mené au développement d’un modèle prédictif permettant d’estimer l’évolution de l’érosion des falaises gelées.

Que signifie pour vous le fait de remporter ce prix?
Je suis très fier de ce prix. Il couronne des années de travail acharné au Maroc et au Canada. Il couronne aussi les sacrifices de ma conjointe, qui m’a soutenu tout au long de mon parcours à l’INRS. Elle a dû quitter son emploi et sa vie stable au Maroc pour me rejoindre dans cette aventure sur un autre continent. Je dédie également ce prix à ma mère, qui nous a quittés seulement deux mois avant le début de cette aventure. Elle m’a donné la force de faire le maximum pour la rendre fière, après tous les efforts qu’elle avait investis dans mon éducation.

Quel est le prochain chapitre pour vous, maintenant que vous êtes diplômée?Actuellement, je poursuis ma carrière comme ingénieur côtier et portuaire au sein de la firme québécoise de génie-conseil Norda Stelo. Je travaille sur des projets de protection côtière des communautés ainsi que sur des infrastructures stratégiques, telles que les quais commerciaux, industriels et de plaisance. Mon quotidien inclut également des travaux de modélisation numérique des vagues, afin de mieux se projeter dans le futur et d’améliorer la résilience des infrastructures maritimes face aux nombreux défis liés aux changements climatiques.

Je reviens cette fois-ci au monde du travail, après une pause de deux ans d’études à l’INRS, avec une double casquette : celle d’un ingénieur formé pour respecter les normes de sécurité et proposer des solutions concrètes, et celle d’un scientifique curieux qui vise à innover, apprendre, vulgariser et transférer son savoir au profit des communautés.

 

 
Kelly Vu, Maîtrise en études urbaines, sous la direction du professeur Stéphane Guimont-Marceau

 

« Ce prix vient souligner et valider le chemin que j’ai parcouru, mais aussi la pertinence des enjeux que j’aborde dans ma recherche. »

Qu’est-ce qui vous a amenée à l’INRS? Que retenez-vous de votre expérience?

Mon parcours à l’INRS s’inscrit dans une démarche de retour aux études après plusieurs années dans le milieu communautaire. Cette expérience terrain m’a donné envie d’approfondir ma compréhension des enjeux urbains que je côtoyais au quotidien. La recherche représente pour moi une manière d’agir, en produisant des connaissances qui sont ancrées dans les réalités vécues.

Ce que je retiens de mon expérience, ce sont les nombreuses occasions de participer à des projets de recherche et de présenter mes travaux dans différents contextes. J’ai même pu présenter mon travail à l’international. Cependant, je retiens surtout la qualité des relations que j’y ai développées et la richesse des échanges avec les étudiant·e·s et les professeur·e·s. Ces réflexions interdisciplinaires ont nourri mon parcours et ma façon d’aborder les enjeux urbains.

Pouvez-vous nous décrire l’enjeu et l’impact de votre projet de recherche?

Mon mémoire s’inscrit dans le contexte des transformations récentes du quartier Parc-Extension, notamment à la suite de l’inauguration du nouveau pavillon des sciences de l’Université de Montréal en 2019. À travers les expériences de jeunes racisé·e·s qui vivent ou fréquentent le quartier, j’ai cherché à mieux comprendre les effets vécus de la gentrification. Cette recherche permet donc de mettre au jour des réalités quotidiennes de ces jeunes en valorisant leurs récits, leurs pratiques et leurs rapports au quartier. Elle contribue aussi à rendre plus tangibles les mécanismes d’exclusion et les formes de déplacements qui accompagnent les transformations urbaines.

 Que signifie pour vous le fait de remporter ce prix?

Remporter ce prix représente pour moi une reconnaissance importante du travail que j’ai accompli au cours des dernières années. Cela vient souligner et valider le chemin que j’ai parcouru, mais aussi la pertinence des enjeux que j’aborde dans ma recherche. C’est donc une source de fierté et de motivation!

Quel est le prochain chapitre pour vous, maintenant que vous êtes diplômée?

J’aimerai poursuivre mon engagement professionnel autour des enjeux d’inclusion et de participation citoyenne à Montréal. Que ce soit par la recherche, l’intervention ou le développement de projets, j’aimerais continuer à avoir un impact sur la manière dont les différentes populations vivent, utilisent et s’approprient les différents espaces publics dans la ville.

 

Prix pour la meilleure thèse de doctorat

 
Benjamin Crockett, Doctorat en sciences de l’énergie et des matériaux, sous la direction du professeur José Azaña

 

« Recevoir ce prix démontre que j’ai réussi à vulgariser des concepts complexes étudiés pendant mes étude en plus d’arriver à  présenter de nouvelles idées qui ont été appréciées par les évaluateurs.»

Qu’est-ce qui vous a amené à l’INRS? Que retenez-vous de votre expérience?

J’ai été amené à l’INRS un peu par chance, lorsque mon CV a voyagé de l’IREQ au centre énergie, matériaux et télécommunications de l’INRS par les branches des chercheurs de ces institutions. Alors que j’étais encore au Bac, j’ai pu voir les dynamiques du groupe José Azaña lors d’un stage. L’esprit d’équipe, les discussions scientifiques, et le sujet du traitement de signaux optiques a rapidement capté mon attention, ce qui m’a amené à m’engager pour des études supérieures. Je retiendrai de l’INRS un environnement professionnel centré sur la recherche, avec un désir de bien faire les choses et de comprendre au maximum. L’INRS est une institution avec une administration efficace qui, de mon expérience, soutient très bien ses étudiant-e-s. Ce milieu aide à créer un environnement prompt à la recherche et aux discussions scientifiques stimulantes entre les différents étudiants et professeurs. 

 

Pouvez-vous nous décrire l’enjeu et l’impact de votre projet de recherche?

Ma recherche porte principalement sur l’atténuation du bruit et sur l’analyse temps–fréquence de signaux classiques et quantiques. Elle vise aussi à comprendre comment des manipulations fondées sur la redistribution de l’énergie, jusqu’ici surtout réservées au traitement des signaux classiques, influent sur les corrélations quantiques entre des photons intriqués.

En optique classique, les signaux sont généralement représentés par une fonction unidimensionnelle, qui indique la puissance du champs électro-magnétique en fonction du temps ou des fréquences. En contraste, les corrélations quantiques entre les photons intriqués sont représentées par une distribution en deux-dimensions qui représente la probabilité de détecter un photon en fonction du temps de chaque photon. Cette deuxième dimension apporte beaucoup de richesse dans le contexte du traitement de signaux optiques. Mes recherches visent à mieux comprendre comment manipuler ces corrélations. Plus précisément, elles cherchent à limiter les effets du bruit et à obtenir une description complète des états quantiques, à la fois en temps et en fréquence. Pour ce faire, je privilégie des manipulations qui redistribuent l’énergie plutôt que de la dissiper. Cette approche est essentielle pour l’efficacité énergétique et les technologies modernes.

Que signifie pour vous le fait de remporter ce prix?

Ce prix est un grand honneur pour moi, car il est décerné pour la qualité d’un produit finit, contrairement à d'autres prix qui sont décerné pour la qualité potentielle d’un projet future (cela a évidemment aussi une grande valeur, mais différente!). D’avoir reçu ce prix démontre que j’ai réussi à vulgariser des concepts relativement complexes que j’ai étudié au travers de mes études, et d’en arriver à aussi présenter de nouvelles idées qui ont été appréciés par les évaluateurs. J’espère pouvoir faire lire ma thèse à plusieurs étudiants voulant poursuivre mes directions de recherche dans le futur. 

Quel est le prochain chapitre pour vous, maintenant que vous êtes diplômé?

Je complète maintenant mes études postdoctorales à l’University of British Columbia (UBC). Tandis que mon doctorat portait sur l’utilisation d’appareils commerciaux pour démontrer une nouvelle façon de manipuler les signaux classiques et quantiques, mes recherches actuelles s’intéressent au développement de nouvelles plateformes et circuits photonique intégrés sur de petites puces de semi-conducteurs. Mon objectif est de travailler à la frontière de la science et de l’ingénierie afin de développer de nouvelles technologies avec des retombées commerciales dans les domaines de la communication, l’informatique, et la détection. Je vise éventuellement d’établir mon propre groupe de recherche qui pourra développer de nouvelles techniques, tant sur le point de la conceptualisation que de la réalisation technique!

 
Ilias Hani, Doctorat en sciences de l’eau, sous la direction du professeur André St-Hilaire

 

«Recevoir le Prix de la meilleure thèse représente pour moi une grande fierté et vient couronner cinq années de travail acharné à la maîtrise et au doctorat. »

Qu’est-ce qui vous a amené à l’INRS? Que retenez-vous de votre expérience?

J’ai obtenu une bourse d’excellence de l’INRS, qui m’a permis de réaliser un stage d’été au sein de l’équipe du professeur André St-Hilaire. J’ai alors été très bien accueilli et j’ai rapidement été immergé dans le monde de la recherche. Cette expérience m’a fait découvrir comment la modélisation mathématique pouvait servir à mieux comprendre les dynamiques hydrologiques et thermiques des rivières, et ainsi contribuer à la protection des habitats aquatiques du saumon atlantique, une espèce emblématique de l’est du Canada à forte valeur écologique, économique et socioculturelle.

Pouvez-vous nous décrire l’enjeu et l’impact de votre projet de recherche?

J’ai ensuite poursuivi à la maîtrise, puis au doctorat, sous la direction des professeurs André St-Hilaire et Taha Ouarda. Mes travaux ont d’abord porté sur l’estimation des aires de refuges thermiques potentielles dans la rivière Sainte-Marguerite, au Saguenay, un véritable laboratoire naturel pour l’étude de l’habitat du saumon atlantique. À l’aide d’approches innovantes d’intelligence artificielle, j’ai cherché à mieux identifier les zones pouvant offrir au saumon des conditions thermiques favorables lors des périodes chaudes. Au doctorat, j’ai élargi cette problématique à une échelle beaucoup plus vaste, en m’intéressant à la modélisation des conditions hydrologiques et thermiques des rivières à saumon dans l’ensemble de l’est de l’Amérique du Nord, de l’État du Maine jusqu’à la baie d’Ungava, au nord du Québec.

L’objectif de mes recherches est de mieux comprendre les effets des changements climatiques sur l’habitat thermique du saumon atlantique et d’appuyer les décisions liées à la conservation de cette espèce. Les modèles développés ont suscité l’intérêt de plusieurs organismes et ministères, ce qui m’a permis de constater concrètement l’impact de mes travaux et la portée de la formation offerte à l’INRS.

Que signifie pour vous le fait de remporter ce prix?

Recevoir le Prix de la meilleure thèse représente pour moi une grande fierté et vient couronner cinq années de travail acharné à la maîtrise et au doctorat. Je suis profondément reconnaissant envers mes directeurs pour leur encadrement exemplaire, leur confiance et leur grande générosité scientifique. Ce prix témoigne aussi de la qualité de la formation au Centre ETE de l’INRS et du rayonnement de ses travaux de recherche. Au cours de mon parcours, j’ai eu l’occasion de présenter mes résultats lors de plusieurs conférences au Canada, en Italie, et je les présenterai prochainement à Victoria Falls, au Zimbabwe, dans le cadre du STAHY 15th International Workshop on Statistical Hydrology.

Quel est le prochain chapitre pour vous, maintenant que vous êtes diplômé?

Je suis actuellement en postdoctorat dans un projet conjoint entre l’INRS et l’Université Laval. Je poursuis mes travaux sur la modélisation de l’habitat du saumon atlantique, avec un intérêt particulier pour les rivières régulées par des barrages, afin d’étudier l’effet des évacuateurs de crues sur la température de l’eau en rivière.

 
Flandrine Lusson, Doctorat en études urbains, sous la direction de la professeure Sandra Breux

 

« Remporter ce prix est à la fois une reconnaissance du travail de recherche effectué, qui s'est étalé sur quatre années, et de la pertinence scientifique et sociale du sujet abordé. »

Qu’est-ce qui vous a amenée à l’INRS? Que retenez-vous de votre expérience?

Après l'obtention d'un master en sociologie de la ville et de l'environnement à l'Université de Strasbourg (France), je souhaitais poursuivre dans le milieu de la recherche. Ayant déjà réalisé une année d'étude à l'UQAC, je suis revenue au Québec pour réaliser mon stage de fin d'étude au sein de l'Institut du Nouveau Monde (INM) en tant que chargée de projets en participation publique. Je souhaitais alors interroger les relations de pouvoir qui pouvaient se mettre en place dans la mise en œuvre de projets d'aménagement du territoire. J'ai rencontré Sandra Breux, professeure en sciences politiques spécialiste de la démocratie municipale à l'INRS, qui a accepté de soutenir ma candidature à l'INRS au doctorat en études urbaines. Cherchant à réaliser une recherche qui s'ancre dans un enjeu territorial québécois, j'ai parcouru la presse et découvert le cas de Mirabel, un territoire historiquement exproprié qui est devenu l'une des municipalités avec la croissance démographique et économique la plus forte du Québec. 

De cette expérience de thèse, je retiens un soutien et un accompagnement fort et de grande qualité de la part du corps professoral. L'INRS nous forme à devenir des chercheurs. Ses professeur.es nous offrent la possibilité de travailler sur une diversité de sujets et projets de recherche qui nous permettent d'acquérir un bagage et une expertise reconnue nous permettant ensuite de nous différencier sur le marché du travail. La reconnaissance de l'INRS nous permet de produire des recherches possédant une résonnance sociale forte, et ancrée qu'il me semble être la finalité de toutes recherches en sciences humaines et sociales. Je n'aurai pas eu les mêmes conditions de travail ailleurs, ni le même impact social en matière de recherche.

Pouvez-vous nous décrire l’enjeu et l’impact de votre projet de recherche?

Ma thèse a porté sur la mémoire des impacts à long terme des expropriations sur la construction des identités territoriales. Traitant un sujet sensible, celui des expropriations, ma thèse s'est insérée dans un travail de mémoire toujours en cours mené par les expropriés de Mirabel. En analysant les impacts sociaux, spatiaux, économiques et politiques du projet aéroportuaire débuté dans les années 1970, elle a participé à documenter et visibiliser des vécus pluriels, et des impacts toujours visibles de cette expropriation. En 1969, l'INRS - qui venait tout juste d'être créée - avait été missionnée pour produire un rapport sur les effets de l'aéroport en devenir sur le développement régional de la région nord de Montréal. Il est intéressant que 56 ans plus tard, ma thèse vise à décrire les impacts de cette histoire et de ce projet. Ma recherche a eu un effet local, elle a produit des données objectives sur la réalité d'un territoire sur lequel le site aéroportuaire existe toujours malgré la fermeture de l'aéroport, mais elle permet aussi de mettre en résonnance le cas de Mirabel avec d'autres expropriations, historiques et plus récentes, et je l'espère, participer, à reconnaître le fait que les expropriations n'impliquent pas que des individus mais des territoires dans leur ensemble, et que les mécanismes mis en place pour contrer ses effets ne suffisent pas à reconnaître les effets subis par les territoires et les communautés qui les habitent.

Que signifie pour vous le fait de remporter ce prix?

Remporter ce prix est à la fois une reconnaissance du travail de recherche effectué, qui s'est étalé sur quatre années, et de la pertinence scientifique et sociale du sujet abordé. Les études sur les effets à long terme des expropriations dans les pays occidentaux sont limitées et méritent des recherches approfondies qui permettraient d'intégrer plus en profondeur une lecture sociale de l'aménagement du territoire et des méthodes de mise en œuvre des projets d'aménagement.


Quel est le prochain chapitre pour vous, maintenant que vous êtes diplômée?

Depuis le 1er octobre 2025, je suis chercheure postdoctorale au sein de la Chaire Participations Médiation Transition citoyenne de l'Université de La Rochelle (France). Au sein de cette chaire, j'ai plusieurs rôles : j'agis en tant que coordinatrice de projets Sciences-Société et en tant que chercheure. Mes recherches se situent en continuité de ma thèse en me concentrant davantage sur les mémoires de luttes en lien avec des projets d'aménagement du territoire. Je travaille à la collecte et l'analyse de ces mémoires, de leurs significations et de leurs héritages. Je travaille sur trois projets : une analyse des mémoires d'un conflit en lien avec un projet local de méthanisation agricole, une collecte et analyse des mémoires pour la défense et la protection du fleuve Charente (France), et une analyse comparative du travail de mémoire mené par des collectifs en lutte contre des Grands Projets Inutiles et Imposés (GPII). Mon postdoctorat se terminera en septembre 2027, et dès l'année prochaine, je présenterai mon dossier de candidature aux postes de Maître de Conférences et de Chargé de Recherches au CNRS en France.

 
Aïssatou Aïcha Sow, Doctorat en virologie et immunologie, sous la direction du professeur Laurent Chatel-Chaix

 

«Je suis très honorée de recevoir ce prix qui couronne plusieurs années d’études. Mon parcours universitaire n’ayant pas été linéaire, cette reconnaissance me touche et me rappelle combien j'ai eu la chance d'être entourée de personnes extraordinaires tout au long du doctorat. »

Qu’est-ce qui vous a amenée à l’INRS? Que retenez-vous de votre expérience?

Lors de ma maîtrise, j’ai effectué un stage à l’étranger. Celui-ci portait sur le diagnostic des infections causées par les virus du genre Orthoflavivirus, et plus spécifiquement par les virus Zika et de la dengue. Cette expérience m’a donné envie d’aller plus loin et de mieux comprendre les mécanismes moléculaires qui entrent en jeu lors de l’infection virale. À mon retour à Montréal, j’ai donc cherché un laboratoire travaillant sur ces virus et je suis tombée sur celui du professeur Chatel-Chaix. J’y ai d’abord effectué un stage avant d’y poursuivre mes études au doctorat. 

Je me suis vraiment épanouie durant mon doctorat. J’ai beaucoup appris, tant sur le plan scientifique qu’humain. Je retiens de l’INRS un environnement bienveillant où les projets novateurs et l’engagement sont valorisés. Mon passage à l’INRS a sans aucun doute façonné la chercheuse mais aussi la citoyenne que je suis aujourd’hui.

Pouvez-vous nous décrire l’enjeu et l’impact de votre projet de recherche?

J’ai réalisé ma thèse sous la direction des professeurs Laurent Chatel-Chaix et Kessen Patten, au Centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie (AFSB), où je me suis intéressée à la pathogenèse du virus Zika et au développement de nouveaux antiviraux. Une partie centrale de mes travaux a consisté à développer un nouveau modèle d’infection par le virus Zika en utilisant le poisson zèbre pour étudier la neuropathogenèse virale.

En combinant la transcriptomique, la microscopie et l’utilisation de lignées transgéniques, j’ai démontré que l’infection des embryons de poisson zèbre reproduit les caractéristiques observées chez les enfants infectés in utero, notamment une réduction de la taille de la tête et une déplétion des cellules progénitrices neuronales. J’ai également identifié des facteurs cellulaires et viraux impliqués dans les défauts neurologiques causés par le virus Zika. Les perturbations des réseaux neuronaux observées dans notre modèle fournissent, pour la première fois, des indices sur les mécanismes sous-jacents aux crises d’épilepsie observées chez certains enfants infectés. Enfin, j’ai montré que la protéine virale NS4A joue un rôle clé dans la neuropathogenèse, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives thérapeutiques.

Dans une seconde partie de ma thèse, j’ai découvert deux molécules antivirales : le N-phenylpyridine-3-carboxamide (NPP3C), actif contre les virus Zika et de la dengue, et le 6-acetyl-1H-indazole (6A1HI), spécifique de ce dernier.

Que signifie pour vous le fait de remporter ce prix?

Je suis très honorée de recevoir ce prix qui couronne plusieurs années d’études. Mon parcours universitaire n’ayant pas été linéaire, cette reconnaissance me touche et me rappelle combien j'ai eu la chance d'être entourée de personnes extraordinaires tout au long du doctorat. Je tiens à remercier mes anciens collègues de laboratoire et les membres du centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie. Un merci tout particulier à mes directeurs de recherche. Merci !

Quel est le prochain chapitre pour vous, maintenant que vous êtes diplômée?

Je suis actuellement chercheuse postdoctorale à l’Institut Pasteur (Paris), où j’étudie encore le virus Zika. Mes recherches visent à mieux comprendre les facteurs qui déterminent sa virulence dans les cellules progénitrices neurales ainsi que sa transmissibilité chez les moustiques.

 

 

La Fondation de l’INRS félicite chaleureusement les lauréat·e·s pour leur parcours remarquable, ainsi que les équipes de recherche qui les ont soutenus tout au long de leur cheminement.

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