Les bourses en santé reproductive de la Fondation de l’INRS soutiennent, depuis 2025, des projets qui éclairent des enjeux cruciaux en matière de santé des femmes. Cette année, elles sont remises à Anne Catherine Archambault Morneau (Bourse Rita-Henry Breault) et à Sidney CALËN (Bourse Suzanne-Parenteau) grâce à la générosité de la Fondation Rita Henry-Breault et Gilles Breault.  

Ces bourses visent à soutenir la relève scientifique dont les travaux contribuent à faire avancer les connaissances en santé reproductive et à mieux comprendre les enjeux biologiques, sociaux et environnementaux qui y sont liés.

Lauréate de la Bourse Rita-Henry Breault 

Doctorante s’intéressant aux trajectoires de soins des jeunes femmes vivant avec le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), Anne Catherine Archambault Morneau adopte une perspective en sciences sociales pour mieux comprendre l’expérience vécue, de l’apparition des premiers symptômes à l’obtention d’un diagnostic et au-delà. Son projet met en lumière les dimensions sociales, informationnelles et symboliques qui façonnent la compréhension du corps et de la santé reproductive.

 
Anne Catherine Archambault Morneauétudiante au doctorat interdisciplinaire en santé et société sous la direction de la professeure Laurence Charton 
  1. Qu’est-ce qui vous a amenée à l’INRS? Que retenez-vous de votre expérience? 

    C’est dans le cadre des stages de premier cycle en recherche que j’ai connu l’INRS. J’ai eu la chance de travailler sur des projets de recherche forts stimulants, dont celui de la professeure Laurence Charton, qui portait sur l’usage d’une application mobile chez les couples à la recherche d’une grossesse. À travers cette expérience, mon intérêt pour ce champ d’étude s’est affirmé. Il devenait alors évident pour moi de poursuivre mes études à la maîtrise et d’y explorer, cette fois-ci, l’usage de ces outils numériques dans les trajectoires contraceptives des jeunes femmes. 

    Cette expérience a été particulièrement déterminante dans mon parcours. Je suis très reconnaissante des opportunités professionnelles et académiques qui m’ont été offertes, mais aussi des liens que j’ai pu tisser avec la communauté de l’INRS, des aspects qui rendent mon expérience encore plus enrichissante. 

  2. Pouvez-vous nous décrire l’enjeu et l’impact de votre projet de recherche? 

    Je m’intéresse à la trajectoire de soins des jeunes femmes vivant avec le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). De nombreuses études montrent les difficultés liées à l’obtention d’un diagnostic, notamment parce que les premiers symptômes apparaissent à l’adolescence et se confondent souvent avec les transformations associées à la puberté. La prescription de la pilule contraceptive, fréquemment utilisée pour régulariser les cycles menstruels ou traiter l’acné, peut aussi masquer certains indicateurs du syndrome. 

    Mon projet de thèse vise à analyser, dans une perspective de parcours de vie, la manière dont les jeunes femmes québécoises vivant avec le SOPK construisent le sens de leurs expériences corporelles avant, pendant et après le diagnostic. En étudiant leurs témoignages et les dispositifs pédagogiques qu’elles mobilisent pour comprendre leur condition, je souhaite mieux saisir les représentations sociales du corps dans le contexte du SOPK. 

  3. Que signifie pour vous le fait de remporter cette bourse? 

    Cette bourse a pour moi une valeur toute particulière. Elle reconnaît plusieurs années d’engagement dans un domaine de recherche qui me passionne et me confirme la pertinence des questions qui m’animent. Elle me donne aussi l’élan nécessaire pour poursuivre mes réflexions au doctorat. 

  4. Comment envisagez-vous la suite des choses? 

    Je souhaite, en parallèle de la rédaction de ma thèse, développer des outils de transfert de connaissances en biologie reproductive, dans une approche interdisciplinaire et en collaboration avec des intervenant·e·s auprès des jeunes. Pour moi, il s’agit d’une façon de rendre la recherche plus accessible et plus proche des réalités vécues. 

 

Lauréat de la Bourse Suzanne-Parenteau 

Inscrit à la maîtrise en biologie, Sidney Calën s’intéresse à l’impact des polluants environnementaux sur la santé reproductive. Ses travaux portent plus particulièrement sur les perturbateurs endocriniens présents dans les produits cosmétiques et sur les risques associés à une exposition accrue chez les travailleuses du secteur du soin personnel. 
 

 
Sidney Calënétudiant à la maîtrise en sciences expérimentales de la santé sous la direction de la professeure Isabelle Plante 
  1. Qu’est-ce qui vous a amené à l’INRS? Que retenez-vous de votre expérience? 

    Je me suis rendu à l’INRS pendant mon baccalauréat en France dans le cadre d’un stage. J’ai immédiatement été intéressé par le sujet d’étude du laboratoire de la Pre Isabelle Plante, qui s’intéresse à l’impact des polluants environnementaux sur le développement de la glande mammaire et le risque de cancer du sein. J’ai aussi découvert le milieu de la recherche scientifique au Québec, qui m’a beaucoup plu. C’est pourquoi j’ai quitté la France pour venir faire ma maîtrise à l’INRS. 
     
  2. Pouvez-vous nous décrire l’enjeu et l’impact de votre projet de recherche? 

    Les perturbateurs endocriniens sont des molécules qui dérèglent le système hormonal et peuvent causer des troubles de la reproduction, des cancers ou des maladies métaboliques. On les retrouve en grandes quantités dans les produits cosmétiques. 

    Mon projet vise à étudier l’exposition aux perturbateurs endocriniens chez les femmes travaillant dans le secteur du soin personnel (coiffeuses, esthéticiennes), qui sont davantage exposées que la population générale. L’objectif est d’explorer le lien entre cette forte exposition et le risque accru de cancer du sein, afin de contribuer, à terme, à la mise en place de mesures de prévention adaptées. 

  3. Que signifie pour vous le fait de remporter cette bourse? 

    Cette bourse constitue une superbe reconnaissance pour les travaux réalisés et ceux à venir. Elle me permettra d’entreprendre davantage de manipulations et de tests pour évaluer le rôle des perturbateurs endocriniens dans le risque de développer un cancer du sein. 

  4. Comment envisagez-vous la suite des choses? 

    J’envisage de terminer ma maîtrise en 2027 et de poursuivre avec un doctorat en biologie dans le domaine des polluants environnementaux et de la cancérogénèse. 

 

Félicitations à nos deux étudiants pour cette reconnaissance bien méritée et un grand merci à la Fondation Rita Henry-Breault et Gilles Breault pour sa générosité et son intérêt à soutenir des projets de recherche qui contribuent à une meilleure compréhension des enjeux en santé reproductive et à l’amélioration des pratiques de prévention, de diagnostic et d’accompagnement. 

La Fondation souligne également l’appui du Service des études et de la réussite étudiante dans l’administration du concours et la sélection des candidatures.  

 

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