Valérie Dekimpe
Doctorat en biologie (2011)
Directrice mondiale en assurance de la stérilité, Novartis
« Ce que j’ai surtout développé, c’est l’autonomie et la capacité d’anticiper, de savoir ce que je veux réaliser et comment m’y prendre. »
Originaire de Belgique, Valérie termine l’équivalent d’une maîtrise en microbiologie lorsqu’une visite presque anodine à un salon sur les études à l’étranger vient tout changer. Parmi les kiosques bondés des grandes universités québécoises, l’INRS attire son attention. La discussion est déterminante. De fil en aiguille, cette rencontre fortuite devient un projet de doctorat en microbiologie au Centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie.
Arrivée au Québec en janvier 2005, Valérie et son conjoint ne connaissent personne. Pourtant, l’intégration se fait rapidement. Elle se souvient avec émotion de l’accueil reçu au sein de son groupe de recherche et de son directeur de thèse, Éric Déziel. Cette solidarité humaine marque durablement son passage à l’INRS. « On a créé des liens très solides, parce qu’on n’avait ni famille ni connaissances ici. On a été extrêmement bien intégrés.» Encore aujourd’hui, son cercle d’amis est largement issu de cette période, preuve de la force des relations tissées durant ses études.
Au sein du groupe de recherche en microbiologie et environnement, composé de plusieurs professeur·e·s et d’une vingtaine d’étudiant·e·s, la collaboration est omniprésente. Valérie en garde des souvenirs à la fois professionnels et chaleureux, comme les échanges de cadeaux organisés chaque fin d’année, devenus une véritable tradition. « On collaborait énormément, on s’entraidait beaucoup », explique-t-elle. Pour elle, cette dynamique collective est l’une des grandes forces de l’INRS. « Même dans une thèse, où on peut parfois se sentir seul, la collaboration était très présente. On n’était jamais isolé. »
Après l’obtention de son doctorat, Valérie choisit de quitter le milieu universitaire, non par désintérêt pour la science, mais par lucidité quant à ses aspirations. Elle amorce alors une carrière dans le secteur pharmaceutique, où elle met rapidement à profit son expertise en microbiologie. Entrée comme consultante, elle progresse rapidement vers des postes de supervision et de gestion. « Tout ce que j’avais appris pendant ma thèse m’a aidée à progresser rapidement dans l’entreprise. »
Après plusieurs années dans le privé, elle rejoint le Laboratoire de santé publique du Québec, où elle découvre une autre facette de son domaine. « J’ai appris une tout autre dimension, les défis et la beauté du travail public », explique-t-elle. Durant six ans, elle y approfondit ses compétences en microbiologie, en gestion et en qualité, tout en travaillant étroitement avec les instances gouvernementales. Cette expérience enrichissante vient consolider son parcours et élargir sa compréhension des enjeux de santé publique.
En 2025, une nouvelle opportunité se présente : Valérie se joint à Novartis à titre de directrice mondiale en assurance de la stérilité. Elle est désormais responsable de ce programme pour près de 30 sites à travers le monde. Toujours animée par la même passion, elle évolue encore au cœur de la microbiologie, un domaine qu’elle affectionne profondément. « Je suis une vraie passionnée. J’ai toujours réussi à trouver des emplois qui me comblaient. »
Avec le recul, Valérie estime que son passage à l’INRS a été déterminant dans sa façon de penser et de travailler. « Ce que j’ai surtout développé, c’est l’autonomie et la capacité d’anticiper, de savoir ce que je veux réaliser et comment m’y prendre. » Elle souligne également l’importance des compétences transversales acquises durant ses études : la collaboration, la communication, la vulgarisation scientifique. « On apprend à expliquer ce qu’on fait, à rendre accessible quelque chose de complexe. Ça m’a toujours servi par la suite. »
Cet attachement à l’INRS ne s’est d’ailleurs jamais démenti au fil des années. Aujourd’hui membre du conseil d’administration de l’INRS, Valérie souhaite continuer à contribuer à l’institution qui a marqué son parcours, en mettant son expérience et sa vision au service de la recherche et de la relève scientifique. Un engagement qui témoigne de la place durable qu’occupe l’INRS dans son cheminement professionnel et personnel.
Aux étudiantes et étudiants actuels, elle conseille de savourer pleinement ces années uniques. Elle insiste aussi sur l’importance des relations humaines. « Le monde est très petit. On retrouve les gens partout. Soigner ses relations, ça vaut toujours la peine. »
Quant à l’avenir, Valérie ne se projette pas dans une course aux titres ou aux promotions. Sa motivation est ailleurs. « Mon objectif, ce n’est pas de toujours aller plus haut, mais plutôt d’exceller dans ce que je fais. » Continuer à apprendre, à se dépasser et à nourrir sa curiosité demeure son fil conducteur. « Dès que je m’implique dans quelque chose, je le prends à cœur. J’ai toujours retrouvé cette passion dans chaque projet. »
[Propos recueillis en décembre 2025.]

