Chaque année, la Fondation de l’INRS met en lumière l’excellence et l’engagement en attribuant les bourses du Conseil à des étudiantes des programmes de formation du Centre Énergie Matériaux Télécommunications, où les femmes tendent à être sous-représentées. Cette année, Ophélie Légaré et Huifang Wu se distinguent par leurs réalisations et deviennent les nouvelles lauréates de cette prestigieuse reconnaissance.
Ophélie Légaré, doctorante en sciences de l’énergie et des matériaux sous la direction du professeur Roberto Morandotti
- Qu’est-ce qui vous a amenée à l’INRS? Que retenez-vous de votre expérience?
C’est un drôle de hasard qui m’a amenée à choisir l’INRS. J’ai fait une maîtrise à l’Université Laval en conception optique dans un contexte d’instrumentation astronomique. Je souhaitais poursuivre en conception optique, mais dans un décor différent. Je souhaitais travailler sur un projet plus appliqué, plus proche de l’industrie. J’ai contacté l’Institut national d’optique (INO) à Québec pour discuter de la possibilité de faire un doctorat en partenariat avec eux. Ils m’ont tout de suite proposé un projet de conception optique allant chercher ma (petite) expertise en instrumentation astronomique dans un contexte de communication quantique. C’était inattendu, mais je n’ai pas refusé le défi! Il ne me restait plus qu’à trouver un directeur de recherche. Mon choix s’est finalement porté sur le professeur Roberto Morandotti à l’INRS pour son expertise en quantique. Avec mon projet et mon partenariat industriel déjà trouvé, mon futur directeur n’a pas hésité longtemps pour allier le savoir théorique de son groupe de recherche avec les années d’expérience en projets appliqués de l’INO.
Ce que je retiens de mon expérience à l’INRS : Comme j’ai commencé il y a moins d’un an et que je travaille, pour l’instant, presque 100% du temps à Québec, je ne peux pas vraiment parler des installations et des laboratoires du centre Énergie Matériaux Télécommunications. Je peux toutefois dire ceci : Il est évident que l’INRS a à cœur la réussite de ses étudiants et leur bien-être. Les ressources offertes à ceux-ci sont variées et accessibles à tous. J’épluche religieusement l’infolettre de GARE pour ne pas manquer les (nombreux) ateliers offerts autant pour développer des outils pour m’aider dans mes études que pour sensibiliser à l’importance du bien-être et aux enjeux de la santé mentale. Sans oublier les nombreuses sources de financement offertes!
- Pouvez-vous nous décrire l’enjeu et l’impact de votre projet de recherche?
Avec toutes les ressources déployées pour développer les ordinateurs quantiques et les performances exceptionnelles que ceux-ci atteindront, il devient critique de développer des méthodes pour rendre plus sécuritaires les communications cryptées. Les communications quantiques sont une avenue fort intéressante, notamment parce que la lecture d’un bit quantique modifie irrémédiablement sa valeur. Les communications quantiques ont eu des avancées importantes dans les dernières années, mais les essais en condition réelle d’utilisation sont encore peu nombreux. Le but à long terme pour faire des communications à l’échelle internationale est d’opter pour des communications en espace libre et de passer par des satellites. Bien entendu, cela entraîne des enjeux supplémentaires considérables. Même pour tester des prototypes au niveau du sol, il est impératif de corriger les effets des turbulences atmosphériques (pour ne citer qu’un seul exemple).
Dans le cadre de mon projet, je vais travailler avec la polarisation comme encodage pour faire de la distribution quantique de clés et je souhaite coupler le signal à un guide d’onde monomode. Très peu de travaux de distribution quantique de clés en espace libre font appel à ces guides. En astronomie, le maintien de la polarisation est aussi rarement exploité. Le développement de revêtement à maintien de polarisation est donc un autre défi important de mon projet de recherche. Normalement, mes études se termineront avec le développement d’un prototype et son test en conditions réelles d’utilisation représentatives.
- Que signifie pour vous le fait de remporter cette bourse?
Je trouve que cette bourse est une autre belle façon d’encourager et de soutenir les femmes en sciences. En plus de la fierté de l’avoir remportée, je suis contente que de pareilles initiatives aident à faire augmenter progressivement le nombre de femmes dans des domaines à prédominance masculine. Cela me donne bon espoir d'atteindre un jour un meilleur équilibre dans ces milieux.
Ma grand-mère a toujours été un modèle pour moi. À mon âge, elle s’était battue pour pouvoir travailler en même temps qu’être mère. Elle me racontait comment les femmes devaient travailler pendant leurs neuf mois de grossesse et avaient seulement droit à deux semaines de congé de maternité si elles voulaient conserver leur emploi. Comment elle avait dû supplier un parent pour avoir une signature d’un homme pour qu’on accepte qu’elle habite seule dans un appartement, même si elle payait toutes les dépenses. Comment elle n’avait pas eu l’opportunité de choisir un travail qu’elle aimait parce que ses parents avaient refusé de lui payer sa scolarité à cause de son sexe, qu’elle avait dû simplement « apprendre à aimer » le travail dont les études coûtaient le moins cher.
Beaucoup de progrès a été accompli depuis… « Profite de ton intelligence et vas étudier dans ce que tu aimes » me disait ma grand-mère. Je ne me serais pas rendue aussi loin dans mes études sans l’appui d’autant d’organismes et les nombreux efforts fait pour m’instiller la passion des sciences depuis ma tendre enfance. Je dis donc un grand merci à la Fondation de l’INRS et à bien d’autres d’avoir rendu mes rêves, et ceux de ma grand-mère envers moi, possibles!
- Comment envisagez-vous la suite des choses?
Ma priorité va toujours être portée sur mes études. J'ai bien l'intention d'aller décrocher mon diplôme et de faire avancer la science à ma façon! Une telle bourse me donne néanmoins une certaine flexibilité. Je vais en profiter pour m'inscrire à des congrès ou à des cours ou écoles d'été. Je ne refuse également jamais les opportunités qui s'offrent à moi de partager ma passion avec les autres, de vulgariser mon projet à un public de tout âge ou juste d'aider à faire rayonner la science en général. Bref, beaucoup de défis et d’expériences enrichissantes en perspective!
Huifang Wu, Étudiante à la maîtrise en télécommunications sous la direction du professeur Tayeb A. Denidni
- Qu’est-ce qui vous a amenée à l’INRS? Que retenez-vous de votre expérience?
Pendant mes études de premier cycle, j'ai eu l’occasion de collaborer avec un ancien étudiant du professeur Denidni, mon actuel directeur de recherche, qui a exprimé des éloges très positifs à son sujet. Il m'a également parlé des excellentes installations de recherche et des ressources abondantes que l'INRS offre à ses étudiant·e·s. Pendant mes études à l'INRS, j'ai reçu un soutien inestimable de la part de mon directeur de recherche, du personnel enseignant, de mes collègues et du personnel administratif, ce qui m'a permis de m'adapter rapidement à mon nouvel environnement et de me concentrer pleinement sur mes recherches. Ce soutien a non seulement permis à mon projet de recherche de progresser de manière significative, mais il m'a également offert une perspective unique sur mon développement académique et professionnel.
- Pouvez-vous nous décrire l’enjeu et l’impact de votre projet de recherche?
Mon projet de recherche se concentre sur les antennes à moment angulaire orbital (OAM), une technologie prometteuse visant à augmenter la capacité des systèmes de communication sans fil. Cependant, la conception et la fabrication de ces antennes présentent d'importants défis, notamment la génération et le contrôle efficaces des modes OAM différents et de haut ordre, l'amélioration de la pureté des modes, et leur intégration dans des systèmes de communication multi-fréquences. Mon projet pourrait avoir un impact significatif sur les communications sans fil en permettant la multiplexion des modes OAM, ce qui améliore non seulement l'utilisation du spectre, mais augmente également de manière significative la capacité du système.
- Que signifie pour vous le fait de remporter cette bourse?
Recevoir cette bourse est une opportunité précieuse pour moi, car elle soutient non seulement mes recherches actuelles, mais elle me permet également de m'y consacrer pleinement. Elle me motive à poursuivre mes objectifs académiques et à apporter des contributions significatives dans le domaine des télécommunications.
- Comment envisagez-vous la suite des choses?
Dans l'avenir, je prévois de poursuivre mon doctorat et d'approfondir davantage mes recherches sur la technologie des antennes à moment angulaire orbital (OAM). Recevoir cette bourse soutient non seulement mes recherches actuelles, mais me permet également de me consacrer pleinement à mon travail académique, m'incitant à apporter une contribution plus importante au domaine des télécommunications. Je suis convaincu qu'en poursuivant mes études et mes recherches durant mon doctorat, je pourrai améliorer mes compétences professionnelles et avoir un impact positif sur le développement des technologies de communication.
La Fondation de l’INRS est fière de soutenir ces deux étudiantes exceptionnelles dans leur parcours. En récompensant l’excellence et la détermination, elle réaffirme son engagement envers la formation de la relève scientifique et la promotion d’une recherche porteuse d’avenir. Elle remercie par ailleurs le Service des études supérieures et de la réussite étudiante pour l’administration du concours et le comité professoral qui a examiné les candidatures.
Félicitations à Ophélie et à Huifang pour cette reconnaissance bien méritée et merci à nos généreux·ses donateur·ice·s de leur offrir les moyens de réaliser leurs ambitions!