« Recevoir ce prix me rend extrêmement fière parce que ma carrière universitaire est validée par l’institut où elle a démarré, où on m’a offert une formation de recherche solide et une ouverture sur le monde. »

 

Madame Claudie Beaulieu (Ph. D. sciences de l'eau, 2009)

Professeure adjointe, Ocean Sciences Department, University of California Santa Cruz


Pourquoi avez-vous choisi d’étudier à l’INRS? 

J’étais étudiante au baccalauréat en statistique à l’université Laval et je voulais un projet de recherche dans lequel je peux utiliser la statistique au service de l’environnement, alors je me suis jointe à l'équipe de recherche du Prof. Ouarda. J’ai commencé comme stagiaire d’été, pour ensuite passer à la maîtrise, puis au doctorat. Le support financier offert à l’INRS a contribué à ma décision aussi, en m’offrant de la stabilité.

Que retenez-vous de votre expérience à l’INRS?

Quand j’ai commencé mes études supérieures, tout était différent de tout ce que j’ai connu auparavant. Soudainement, j’étais entourée de professeurs-es et chercheurs-euses qui prenaient généreusement le temps de discuter science et de donner des conseils. J’étais dans un environnement multiculturel, dans lequel je pouvais interagir et travailler avec des gens d’un peu partout. C’était une période enrichissante tant au niveau scientifique qu'au niveau personnel.

Avez-vous un souvenir préféré du campus? 

La ville de Québec et le quartier Saint-Roch occupent une place spéciale dans mon cœur. J’ai de beaux souvenirs des pauses dans le parc Saint-Roch, en été et en hiver. Avoir un accès facile aux restos et cafés du quartier, c'était génial, j’en garde un beau souvenir

Quelle est la leçon la plus importante que vous retenez de votre passage à l’INRS? 

Ce n’est pas tellement une leçon, mais le sentiment d’émancipation, la liberté de prendre le pouvoir sur ma carrière. Je me souviens de conversations avec mon directeur de thèse, Taha Ouarda, qui me répétait souvent de viser haut, de viser la lune pour au pire tomber parmi les étoiles. En rétrospectif, ce conseil a eu un impact important sur ma carrière.

Parlez-nous de votre parcours depuis l’obtention de votre diplôme.

Depuis, j’ai navigué dans le monde universitaire anglais et américain. J’ai passé cinq années à l'Université de Princeton dans le programme de sciences atmosphériques et océaniques dans l’équipe de Jorge Sarmiento, en tant que chercheuse postdoctorale puis associée de recherche. Je me suis alors penchée sur des questions très différentes de ma recherche doctorale, donc ça a été un grand changement, mais j’étais déterminée à élargir mes connaissances et horizons scientifiques et on m’a donné la liberté d’explorer. Ensuite, je me suis installée au Royaume-Uni ou j'ai passé cinq années à l'Université de Southampton en tant que chargée de cours. Là- bas, j’ai pu poursuivre mes intérêts de recherche nés à Princeton. Ensuite, je suis revenue aux États-Unis pour occuper un poste de professeure dans le département de sciences océaniques à l'Université de Californie à Santa Cruz. J’y ai démarré un groupe de recherche en science des données climatiques et océaniques qui se concentre sur l’estimation et la compréhension de la variabilité et des changements climatiques. Récemment, mon groupe a commencé à se pencher sur les évènements extrêmes océaniques en utilisant entre autres des approches d’hydrologie statistique ! Ça boucle la boucle avec mon départ à l’INRS. 

Comment votre passage à l’INRS vous a-t-il préparée pour votre carrière?

Mon passage à l’INRS m’a préparé sur plusieurs aspects, mais je crois que ce qui m'a le plus aidée c'est de publier mon travail dans des articles scientifiques assez tôt. 

Quels conseils aimeriez-vous donner aux étudiants actuels?

La science c’est pour tout le monde, et tout le monde mérite d'être inclus. Prenez le temps de tisser des liens avec les professeurs-es, chercheurs-euses et entre étudiants. Ces relations seront une source de soutien tout au long de votre carrière. Les étudiants d’aujourd’hui seront vos collègues de demain, n'hésitez pas à vous entraider.  

Quels sont vos souhaits pour l’avenir?

J’espère un changement radical dans la lutte contre les changements climatiques pour léguer à mon fils et aux générations futures une planète saine et habitable. Je passe beaucoup de temps à analyser des données climatiques et je suis préoccupée. Ce sentiment d'inquiétude s’est aggravé depuis que je me suis installée en Californie avec ma famille : on ressent les effets des changements climatiques ici. Je vois les jeunes qui se mobilisent pour les changements climatiques et ça m’encourage. Mon fils a trois ans et il a déjà commencé à manifester !

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